Édition Spéciale – Conférence annuelle ACMP: Faut-il «éliminer la compagnie»?

Le monde évolue de plus en plus rapidement. Les entreprises qui survivront sont celles qui auront su s’adapter rapidement aux multiples changements qui transforment leur industrie, de même qu’aux attentes de plus en plus exigeantes de leurs clients.

Rien de nouveau dans ce message me direz-vous! Vous avez parfaitement raison. Nous véhiculons ce message depuis des années et des années. Alors pourquoi faut-il en parler encore et encore? Pourquoi lit-on encore dans les journaux que des géants que l’on croyait immortels se sont littéralement cassé le nez (pensons à Kodak, par exemple, qui s’est placé sous la loi de la protection de la faillite en 2012)?

Les industries, les marchés et les habitudes de consommation se transforment à une vitesse Grand V. Or, les organisations, petites et grandes, doivent aussi se transformer à une vitesse Grand V, voire plus rapidement. Jacques Nantel, professeur titulaire au département de marketing de HEC Montréal, mentionnait récemment à des chefs d’entreprises : « Votre entreprise, telle que vous la connaissez depuis les 30 dernières années, ne sera plus la même dans 10 ans. Ou bien elle sera meilleure, ou bien elle aura disparu. »

Peut-être pensez-vous qu’il exagère? Pour ma part, je crois qu’il a raison. Regardons la progression qu’a connue Facebook en seulement 10 ans! (voir le graphique). Impressionnant n’est-ce pas? Qui aurait cru une telle chose possible en 2004?

Blogue Kill the company - juin 2015 FRRéférence: FutureThink

De là, la question qui se pose est la suivante : comment faire pour que notre organisation change à la vitesse Grand V? Comment faire pour qu’elle adopte cette vélocité essentielle à sa survie? Si tout se transforme tout le temps, devrions transformer jusqu’à la façon dont nous faisons nos transformations?
Lisa Bodell, futuriste (je vous avoue que je suis jalouse de son titre!) et CEO de FutureThink, offre des pistes de réflexion très intéressantes pour aider les organisations à repenser leurs transformations.

Elle suggère aux entreprises et aux organisations de s’éloigner des traditionnelles analyses SWOT (Strengths/Weaknesses/Opportunities/Threats), invoquant le fait qu’elles nous conditionnent à nous regarder de façon subjective, avec nos propres yeux. Elle suggère que l’on fasse plutôt cette analyse avec les yeux… de nos compétiteurs. Un exercice qui peut se faire tant au niveau global, celui de l’organisation tout entière, qu’au niveau d’une unité d’affaires ou d’un département.

Pour ce faire, elle suggère des ateliers et des approches variées. Trois de ses suggestions ont attiré mon attention.

1) L’exercice « Tuons la compagnie ». Il s’agit de faire ressortir les dangers qui nous guettent, mais de façon originale. On peut penser, par exemple, à un atelier où les participants, regroupés par affinité ou par fonction, doivent identifier leur plus grand compétiteur. L’animateur leur demande ensuite : « Si vous étiez dans la peau de ce compétiteur, que feriez-vous pour nous détruire? » Le résultat est fascinant de vérité.

2) L’exercice « Éliminons une règle stupide ». Il s’agit d’identifier des gains rapides et accessibles. On demande aux participants d’identifier des règles de l’entreprise qu’ils jugent stupides ou sans valeur ajoutée. Le genre de choses que l’on fait sans même se rappeler pourquoi on le fait. Les participants sont ensuite invités à positionner leurs suggestions d’améliorations dans un graphique à quatre cadrans, selon le niveau d’impact prévu et le degré de difficulté d’implantation. Surprise! Presque coup sur coup, la majorité des suggestions qui auront le plus d’impact sont aussi celles qui seront les plus faciles à implanter.

3) L’exercice « Hypothèse inversée ». Cet exercice favorise la créativité. On demande aux participants de penser à une situation problématique (exemple : l’engorgement aux caisses dans un supermarché). Pour régler le problème, on travaille à partir d’une hypothèse contraire à ce que l’on considère comme étant la norme (exemple : le problème est aux caisses, alors… éliminons les caisses!). Quoiqu’un peu déroutant au départ, cet exercice permet de voir les choses de façon totalement différente. Et créative!

Alors, n’attendez pas que la compétition vous écrase, allez-y, ÉLIMINEZ VOTRE COMPAGNIE en la réinventant!

Bibliographie: KILL THE COMPANY. End the status quo, start an innovation revolution. Lisa Bodell, Bibliomotion books + media