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Vous n’avez pu assister à la conférence annuelle des analystes d’affaires de l’IIBA à Las Vegas, voici les principaux enseignements.

 Comment apporter toujours plus de valeur à nos clients internes ou externes?

C’est à cette question que tentaient de répondre l’ensemble des conférenciers qui ont participé à la dernière conférence annuelle de l’IIBA. Durant trois jours, dans cette ville si atypique qu’est Las Vegas, j’ai eu la chance d’assister à plusieurs conférences de haut niveau, souvent franchement inspirantes.

Je partage ici avec vous les principaux enseignements que j’en retire.

Prendre des pauses pour mieux réfléchir

Conférence donnée par Juliet Funt, PDG de WhiteSpace at Work

pause_iconSaviez-vous que Jack Welch (ancien PDG charismatique de General Electric) passait chaque jour une heure de son temps à simplement regarder par la fenêtre (« looking out of the window time »)? Ou encore que Bill Gates s’isolait chaque année pendant deux semaines dans un chalet (« think weeks »)?

Pourquoi? Parce que dans nos vies agitées, nos agendas sont tellement remplis et nous sommes tellement sollicités de toutes parts, nous n’avons même plus le temps de laisser libre cours à nos pensées… Or c’est ce genre de « pause » dans nos vies qui favorisent le plus la créativité (« unstructured time is the friend of creativity »).

Alors, quoi faire? La conférencière nous invite à identifier et à supprimer toutes les tâches inutiles de nos agendas : rencontres futiles, rapports qui ne sont lus par personne, demandes qui ne sont pas si urgentes… (la « stop doing list » de Jim Collins). Avec le temps gagné, accordez-vous des pauses de temps à autre pour laisser aller votre créativité. Prenez des marqueurs et amusez-vous sur un tableau blanc.

Pour en savoir plus (article en anglais) : http://www.economist.com/news/business/21583592-businesspeople-would-be-better-if-they-did-less-and-thought-more-praise-laziness

Adapter sa communication à l’âge de son interlocuteur

 Conférence donnée par Mary Donohue (fondatrice et responsable de la formation au Donohue Mentoring System) et Jeff Brewer (professeur agrégé à Purdue University).

À vrai dire, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, trois générations coexistent sur le marché du travail : la génération des baby-boomers (nés entre 1945 et 1965), la génération X (nés entre 1965 et 1980) et la génération millénaire (nés après 1980). ET la génération Z s’en vient rapidement (nés dans les années 2000)!

Chacun des conférenciers nous a décrit comment chaque génération privilégie certains modes de communication.

Vous voulez communiquer efficacement avec un baby-boomer? Accordez-lui le temps nécessaire pour avoir une conversation de qualité, pour écouter son point de vue. Prenez le temps de lire
leurs longs courriels et n’hésitez pas à leur fournir beaucoup d’information. Les boomers ont grandi avec la radio, les journaux… Ils veulent prendre le temps de débattre etbouton_approuve-01
d’échanger leur point de vue. Ceux de la génération X ont grandi avec la télévision. Ils veulent du visuel. Ne les noyez pas sous une tonne d’informations ou d’énormes rapports. Simplifiez votre message et misez sur le visuel. Les milléniaux, c’est la génération des messages courts, synthétiques. Et n’attendez pas d’eux de longs romans fleuves en réponse à vos courriels. Prévoyez plutôt des « OK » ou mieux, des « k »! Et si votre entreprise n’a pas de système de messagerie instantanée, ne tardez pas!

Vous trouvez ça compliqué? Eh bien, attachez vos tuques, parce que la prochaine génération, celle des « Z », n’a pas grandi avec les nouvelles technologies… elle est née dedans!

Pour en savoir plus : http://www.psycho-ressources.com/bibli/generations-x-y-z.html

Vite, renouvelons nos compétences! La robotique, l’intelligence artificielle et autres nouvelles technologies sont à nos portes

 Conférence donnée par Ken Fulmer (chef de la technologie pour Information Workplace Solutions Inc.)

Au premier abord, ce thème-là fait carrément peur!

Nous sommes conscients des emplois de type manufacturiers menacés par les évolutions technologiques actuelles et futures. Mais voilà que l’éventail des domaines d’emplois à risque est beaucoup plus vaste! En fait, aucun emploi ou presque n’est à l’abri : employés de restauration rapide, chauffeurs de camions ou de taxi, comptables, avocats et même médecins! Toute tâche, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle, peut être « robotisée » à partir du moment où elle comporte un certain aspect répétitif. À titre d’exemple, le conférencier a mentionné le robot « docteur » d’IBM (dit Watson). À terme, ce robot pourrait remplacer nos médecins pour la réalisation de diagnostics. Des tests ont ainsi montré que dans 99 % des cas de diagnostic oncologiques, le docteur « électronique » Watson donnait un avis semblable à celui d’un médecin « humain ».

Sur quoi repose un tel succès? Ce qui change la donne, c’est que désormais, on ne se contente plus d’apprendre à un robot comment faire une tâche. On lui apprend à apprendre! Watson est ainsi capable de lire et de digérer en 10 minutes les quelque 8 000 nouveaux articles médicaux qui paraissent chaque jour. Tâche bien sûr impossible pour un humain. Certains chercheurs estiment même que le taux de chômage dans nos pays pourrait atteindre 50 % d’ici 30 ans!

Alors, comment s’en sortir? Être capable d’apprendre en continu et de renouveler régulièrement ses compétences devient plus important que jamais. Il est illusoire de penser que nos compétences d’aujourd’hui seront toujours pertinentes dans le futur. L’une des clés résidera dans notre capacité (ou non) à transformer ces nouvelles évolutions en opportunités pour nous. À ne pas considérer la robotisation du travail comme une menace, mais comme une extension de notre coffre à outils.

Pour en savoir plus : http://plus.lapresse.ca/screens/02c25c01-15f7-4a78-9d01-87e5d67b4b5a%7C_0.html