Dans les médias comme dans la littérature spécialisée, nous faisons plus souvent état des situations d’échec que des situations de réussite. Partant du fait que nous apprenons autant par nos bons coups que par nos mauvais coups, voici un billet « positif » dédié à la bonne nouvelle : des transformations réussies grâce à des stratégies qui se sont avérées de véritables tremplins. Ça fait du bien, non?

Je viens de vivre une expérience sociale hors du commun. Je reviens des Jeux mondiaux des greffés (oui, vous avez bien lu…des jeux mondiaux!!), où mon fils a pris part à 5 épreuves de natation. J’en ressors grandie, énergisée et émerveillée par ce que peut accomplir l’être humain quand on s’y met collectivement et positivement. Quelle joie de voir des gens qui ont vécu de grands défis de santé, se dépasser, se réjouir ensemble et célébrer la vie.

Plus de 1000 participants, athlètes de tout niveau, provenant de 44 pays, se sont rejoints à Mar del Plata, en Argentine, pour compétitionner dans 14 disciplines différentes. Qu’ont en commun ces participants? Le goût du sport et du dépassement certes, mais ce sont tous des greffés qui ont une expérience de vie qui leur permet d’apprécier le beau, le bon de la vie et surtout le bien précieux qu’est la santé. Certains ont frôlé la mort, d’autres ont vécu avec une piètre qualité de vie pendant de nombreuses années. Je pense à Addison, 4 ans, de la Colombie-Britannique, greffée du cœur à 3 semaines, qui a bravement et fièrement parcouru son 25 mètres. Je pense à Lloyd, 34 ans, de ville St-Laurent, greffé du rein 2 fois, après avoir rejeté le premier rein à peine un an après la greffe. Et que dire de Jean-Claude, 82 ans, greffé du cœur depuis 25 ans, qui a couru un 800 mètres et qui a poussé dans les derniers 50 mètres pour dépasser son concurrent et terminer en 2e place!

Pour la 20e fois en quarante ans, ces jeux ont lieu. Leur but? Le dépassement de soi, mais surtout souligner le retour à la santé. C’est aussi un événement qui, en soi, est un ambassadeur extraordinaire de l’importance du don d’organe. D’ailleurs, on a noté une augmentation de l’ordre de 30% du don d’organe dans les pays hôtes des jeux. Et ce, sans tambour ni trompette, mais plutôt en démontrant les impacts directs et positifs de ce geste social.

augmentation performance entreprise

Que pouvons-nous tirer comme leçon d’une telle réussite? Quel gestionnaire ne rêve pas d’une amélioration de la performance de 30% de son organisation? Mise-t-on suffisamment sur les réussites, sur les bons coups, sur les petits gestes qui font toute la différence dans nos transformations? Et si on misait sur la force humaine, plutôt que sur la peur et le négatif. Si on misait sur le désir de chacun de contribuer au mieux-être des autres et de l’organisation plutôt que de se rappeler les échecs des autres.

Ce n’est ni une question de génération ni une question de performance qui a changé le don d’organe dans les pays hôtes des jeux, mais bien la bonté de l’être humain et son désir de vouloir contribuer à sa façon au mieux-être collectif.

Alors, misons sur ces hommes et ces femmes dans nos organisations, misons sur leur volonté de vouloir aider, de faire une différence. Pensons-y : 30% d’impact, toute une réussite!

P.S. : Mon garçon a gagné 3 médailles d’argent, 2 médailles d’or et détient le nouveau record du monde au 200 mètres libre dans sa catégorie. Il revient des jeux plein de fierté et de reconnaissance. Et la maman est très fière 🙂

Benoit Raymond